Chose promise, chose due avec cette recette printanière qui a enchanté notre repas le week-end dernier, contre toute attente. Cela faisait quelques temps que j'avais envie de diffuser une recette à base de lapin sur Cuisine Campagne . A mon plus grand regret, mon homme-ours n'apprécie guère cette viande. Le peu de fois que j'en cuisine, que cela soit en cocotte à la moutarde ou avec des fruits secs en tajine, il rechigne devant : "Pfff il y a des os, c'est pénible..." ou "Toi qui aime les animaux, tu ne trouves pas cela bizarre de vouloir manger du lapin ?". Les enfants font alors la moue et je lui en veux de casser mon coup alors que j'ai cuisiné ce plat avec attention. En analysant la situation, il a un peu raison et il m'arrive parfois de culpabiliser de manger ce petit animal. Ce dilemme s'applique aussi aux poules, cailles, canards, agneaux, biches et veaux, bref à la viande de manière générale. En tant qu'ancienne végétarienne, j'avoue souvent penser à la bête que je consomme et m'interdis le gaspillage. Autour de moi, il y a deux types de mangeurs : les bio-végétariens et les bons vivants amateurs d'une cuisine riche et de qualité. Je navigue entre ces deux mondes culinaires, avec tout son lot de contractions et de points communs. Je tente de faire la part des choses, et si je ne doute pas d'une évolution possible de mon alimentation, je sais que je garderai en moi certaines convictions, comme celle qui consiste à penser ce que je mange. Je ne bouffe pas sans me poser de question, je ne remplis pas mon ventre pour faire marcher la machine, je m'alimente, je goûte, je savoure, je vis pleinement ces moments de délectation. Ainsi, consommer et aimer la viande est une réalité qui co-existe avec mes moments de doute. C'est la raison pour laquelle je mets toujours un point d'honneur à choisir une viande de qualité, sous entendu, "abattue dans le respect de l'animal".

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