{"id":1564,"date":"2007-06-24T21:55:53","date_gmt":"2007-06-24T21:55:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/2007\/06\/24\/2007-06-24-266-clafoutis-aux-cerises-acides\/"},"modified":"2007-06-24T21:55:53","modified_gmt":"2007-06-24T21:55:53","slug":"2007-06-24-266-clafoutis-aux-cerises-acides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/2007\/06\/24\/2007-06-24-266-clafoutis-aux-cerises-acides\/","title":{"rendered":"Clafoutis aux cerises acides"},"content":{"rendered":"<p>Le clafoutis aux cerises et moi, c&rsquo;est __une grande histoire d&rsquo;amour__. Pourtant cela n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 le cas. Remontons une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es en arri\u00e8re, quelque part dans le centre de la France. Mes parents avaient dans leur jardin __un cerisier Montmorency__ dont les branches charg\u00e9es de cerises rouge vermillon touchaient presque le sol. L&rsquo;arbre de cette vari\u00e9t\u00e9 de griottes a la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre bas, touffu et prolifique, il y en a partout dans le Berry. A 8 ans, on est attir\u00e9e par la couleur et la rondeur de ces fruits que Maman met dans les clafoutis. __Un jour de d\u00eenette__ et malgr\u00e9 l&rsquo;interdiction de ma m\u00e8re, je n&rsquo;ai pu m&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;en cueillir, par transgression de l&rsquo;interdit et puis par gourmandise ! La premi\u00e8re cerise fut difficile \u00e0 faire passer, je me souviens encore de son acidit\u00e9 si intense, de son jus incisif qui me fit plisser les yeux. __Une petite d\u00e9charge \u00e9lectrique.__ A la seconde, je ne fis pas de grimace, je la m\u00e2chouillais la bouche ouverte en introduisant de l&rsquo;air et en l&rsquo;avalant d&rsquo;un coup. Puis \u00e0 la troisi\u00e8me, je parvins \u00e0 m&rsquo;habituer tant est si bien que j&rsquo;engloutis une sacr\u00e9e portion de cerises \u00e0 la fin de la journ\u00e9e. Je m&rsquo;\u00e9tais bien amus\u00e9e \u00e0 faire voler les noyaux de cerises gr\u00e2ce \u00e0 ma bouche-catapulte. Apr\u00e8s avoir relev\u00e9 le d\u00e9fi de la d\u00e9gustation, je m&rsquo;\u00e9tais en effet mis en t\u00eate de faire sauter ces noyaux \u00e0 dessus des plates-bandes du potager de mon p\u00e8re. Tant que je n&rsquo;y arrivais pas, je remangeais une cerise, et ainsi de suite. La suite de l&rsquo;histoire, vous vous en doutez. En fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi, je me plaignis de maux de ventre \u00e0 ma m\u00e8re et simultan\u00e9ment, j&rsquo;entendis mon p\u00e8re r\u00e2ler dans le potager. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9masqu\u00e9e et me sentais toute malheureuse. Ma m\u00e8re m&rsquo;informa qu&rsquo;elle ne me punirait pas, que la Nature s&rsquo;en chargerait. __J&rsquo;eus droit \u00e0 mon premier Smecta, formidable&#8230;__%%%    ((http:\/\/www.cuisine-campagne.com\/test\/clafoutis1.jpg))<br \/>\n<!--more--><br \/>\nApr\u00e8s cet \u00e9pisode digne des Malheurs de Sophie, ma m\u00e8re voulut me faire plaisir en r\u00e9alisant un clafoutis avec les quelques cerises restantes. Chez nous, comme dans le Limousin o\u00f9 le patrimoine culinaire est proche du n\u00f4tre, __nous ne d\u00e9noyautons pas les cerises__. Etant devenue une sp\u00e9cialiste de la cerise acide, je d\u00e9vorai ma part de clafoutis avec insouciance. Deuxi\u00e8me d\u00e9charge \u00e9lectrique et pas des moindres, ma petite canine ne fit pas le poids \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la duret\u00e9 d&rsquo;un noyau. Autre grimace mais avec cette fois-ci un fond sonore digne d&rsquo;une sir\u00e8ne des pompiers qui alerta mes parents. __\u00a0\u00bb\u00a0\u00bbJe veux plus manger de cerises Maman, j&rsquo;en ai maaaaarre !\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb__. Je les ai boud\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e suivante.%%% Lors d&rsquo;un go\u00fbter d&rsquo;anniversaire chez une de mes copines de l&rsquo;\u00e9poque, sa grand-m\u00e8re avait pr\u00e9par\u00e9 un clafoutis. Toutes les invit\u00e9es s&rsquo;\u00e9taient ru\u00e9es dessus et moi, j&rsquo;\u00e9tais prostr\u00e9e dans un coin, __regardant ce g\u00e2teau comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un serpent__. La grand-m\u00e8re s&rsquo;approcha de moi et me demanda pourquoi je n&rsquo;y go\u00fbtais pas. Je lui ai expliqu\u00e9 mes m\u00e9saventures. \u00a0\u00bb\u00a0\u00bbAvant, je les trouvais belles et jolies, alors je les ai mang\u00e9es trop vite, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s malade et puis apr\u00e8s j&rsquo;ai voulu en remanger et je me suis cass\u00e9e une dent et patati et patata&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb. Elle r\u00e9pondit avec sagesse : \u00a0\u00bb\u00a0\u00bbAh ma petite fille tu sais, les cerises, surtout les acides, c&rsquo;est comme avec les gar\u00e7ons ! Ils nous attirent au d\u00e9but, on devient vite amoureuse et puis s&rsquo;en prend plein les dents ! Pour les appr\u00e9cier, il faut rester mod\u00e9r\u00e9e et de ne pas croquer trop vite dedans !\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb Et moi qui regardait ce clafoutis comme un serpent, mon cas aurait int\u00e9ress\u00e9 Freud c&rsquo;est certain. __Voici l&rsquo;objet du d\u00e9lit, la cerise de Montmorency&#8230;__%%% %%%    ((http:\/\/www.cuisine-campagne.com\/test\/ceriseacide.jpg))%%% %%% Sous l&rsquo;oeil bienveillant de cette grand-m\u00e8re dont les propos m&rsquo;avaient marqu\u00e9, je retentais l&rsquo;exp\u00e9rience en faisant un peu la moue. Je pris bien mon temps pour manger ma part de clafoutis et une fois termin\u00e9e, je fus soulag\u00e9e de m&rsquo;\u00eatre r\u00e9concili\u00e9e avec. __Depuis ce jour, je suis d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0amoureuse\u00a0\u00bb du clafoutis__. Celui aux cerises acides non d\u00e9noyaut\u00e9es se d\u00e9guste, il ne se d\u00e9vore pas. Personnellement, je le pr\u00e9f\u00e8re ainsi car les cerises gardent toute leur saveur. Leur jus ne coule pas dans la p\u00e2te qui reste ainsi intacte et non d\u00e9tremp\u00e9e comme il arrive avec les cerises d\u00e9noyaut\u00e9es. Toutefois, je retire souvent les noyaux pour les enfants mais reste alors sur ma fin. __Autre sujet de d\u00e9bat, la texture du clafoutis__. Je n&rsquo;ai jamais pu me faire \u00e0 ceux dont la p\u00e2te est proche du g\u00e2teau au yaourt ou du cake au citron. Je les trouve sans int\u00e9r\u00eat, ils ne d\u00e9clenchent pas chez moi l&rsquo;extase gustative, pire, ils m&rsquo;agacent ! Vous me trouverez bien \u00e9litiste, conservatrice, vieille France comme cet internaute anonyme qui me suspecte de brouter l&rsquo;herbe du pr\u00e9 d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je ne lui en veux pas et lui laisse volontiers ses sandwichs au jambon \u00e9lastique. __Quand la tradition culinaire a du bon__, je la prends, lorsqu&rsquo;elle me semble d\u00e9su\u00e8te, je la fais \u00e9voluer. Mais le clafoutis de ma m\u00e8re, pour rien au monde je le changerai.%%% %%% ++__Ingr\u00e9dients__++%%% 600 g de cerises acides &#8211; 2 oeufs &#8211; 80 g de sucre en poudre &#8211; 125 g de farine &#8211; 1\/3 l de lait entier &#8211; une pinc\u00e9e de sel &#8211; une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de rhum &#8211; du beurre &#8211; du sucre roux%%% __Temps de pr\u00e9paration__ : 15 min%%% __Niveau__ : facile%%% __Co\u00fbt__ : \u00e9conomique%%% 1. Pr\u00e9chauffez le four \u00e0 180\u00b0C. Dans une jatte, fouettez les oeufs, le sucre et le rhum. Ajoutez en alternant la farine, le lait et la pinc\u00e9e de sel. %%% 2. Lavez, \u00e9queutez et essuyez les cerises.%%% 3. Beurrez g\u00e9n\u00e9reusement un moule \u00e0 tarte, versez la p\u00e2te \u00e0 clafoutis puis ajoutez les cerises. Enfournez pendant 35 minutes. 10 minutes avant la fin, ajoutez des petits morceaux de beurre et saupoudrez le dessus avec du sucre roux.%%% \u00a0\u00bbN.B. : vous trouverez les cerises acides dans les march\u00e9s locaux et plus rarement au supermarch\u00e9. Elles se conservent au r\u00e9frig\u00e9rateur quelques jours mais n&rsquo;attendez pas trop car elles peuvent se ramollir. Vous pouvez les congeler enti\u00e8res avec les queues, elles auront encore une belle tenue.\u00a0\u00bb%%% %%%                     ((http:\/\/www.cuisine-campagne.com\/test\/clafoutis3.jpg))%%%<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le clafoutis aux cerises et moi, c&rsquo;est __une grande histoire d&rsquo;amour__. Pourtant cela n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 le cas. Remontons une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es en arri\u00e8re, quelque part dans le centre de la France. Mes parents avaient dans leur jardin __un cerisier Montmorency__ dont les branches charg\u00e9es de cerises rouge vermillon touchaient presque le sol. L&rsquo;arbre de cette vari\u00e9t\u00e9 de griottes a la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre bas, touffu et prolifique, il y en a partout dans le Berry. A 8 ans, on est attir\u00e9e par la couleur et la rondeur de ces fruits que Maman met dans les clafoutis. __Un jour de d\u00eenette__ et malgr\u00e9 l&rsquo;interdiction de ma m\u00e8re, je n&rsquo;ai pu m&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;en cueillir, par transgression de l&rsquo;interdit et puis par gourmandise ! La premi\u00e8re cerise fut difficile \u00e0 faire passer, je me souviens encore de son acidit\u00e9 si intense, de son jus incisif qui me fit plisser les yeux. __Une petite d\u00e9charge \u00e9lectrique.__ A la seconde, je ne fis pas de grimace, je la m\u00e2chouillais la bouche ouverte en introduisant de l&rsquo;air et en l&rsquo;avalant d&rsquo;un coup. Puis \u00e0 la troisi\u00e8me, je parvins \u00e0 m&rsquo;habituer tant est si bien que j&rsquo;engloutis une sacr\u00e9e portion de cerises \u00e0 la fin de la journ\u00e9e. Je m&rsquo;\u00e9tais bien amus\u00e9e \u00e0 faire voler les noyaux de cerises gr\u00e2ce \u00e0 ma bouche-catapulte. Apr\u00e8s avoir relev\u00e9 le d\u00e9fi de la d\u00e9gustation, je m&rsquo;\u00e9tais en effet mis en t\u00eate de faire sauter ces noyaux \u00e0 dessus des plates-bandes du potager de mon p\u00e8re. Tant que je n&rsquo;y arrivais pas, je remangeais une cerise, et ainsi de suite. La suite de l&rsquo;histoire, vous vous en doutez. En fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi, je me plaignis de maux de ventre \u00e0 ma m\u00e8re et simultan\u00e9ment, j&rsquo;entendis mon p\u00e8re r\u00e2ler dans le potager. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9masqu\u00e9e et me sentais toute malheureuse. Ma m\u00e8re m&rsquo;informa qu&rsquo;elle ne me punirait pas, que la Nature s&rsquo;en chargerait. __J&rsquo;eus droit \u00e0 mon premier Smecta, formidable&#8230;__%%%    ((http:\/\/www.cuisine-campagne.com\/test\/clafoutis1.jpg))<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1564"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1564"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1564\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1564"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1564"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cuisine-campagne.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1564"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}