Situé au pied du Château de la Bourdaisière, à Montlouis sur Loire (37), il offre une collection inédite de 650 variétés de tomates. Les amoureux de ce fruit devront se retenir de le cueillir, même si la tentation est forte ! J'ai dans mon sac quatre bons arguments pour vous convaincre d'y aller le week-end prochain. Suivez-moi...


Un jardin potager fourmillant de bijoux rutilants

Même si vous ne cultivez pas de tomates, vous tomberez sous le charme des variétés les plus étonnantes, biscornues, bigarées, portant des noms très évocateurs (bloody butcher - boucher sanglant !), romantiques (pomme d'amour, coeur de velours), coquins (téton de Vénus ), rustiques (mémé de Beauce, grosse de Rodelle), rigolos (pink ping-pong), imprononçables (uralskij mnogoplodnij), originels (cherokee chocolate, kellog's breakfast)... Les passionnés de jardinage se donneront à coeur joie de noter les noms sur un cahier, demander conseil aux jardiniers qui sont sur place et acheter ensuite les graines en vue de la saison prochaine.


    


La célèbre collection de planches pédagogiques de Deyrolle

En allant sur le site Internet du Château de la Bourdaisière, en vue de préparer mon excursion, j'ai découvert que les planches de Deyrolle étaient exposées dans le parc. J'étais définitivement convaincue de faire la route. Les passionnés de botanique, d'entomologie, de taxidermie et plus généralement de nature grandeur miniature connaissent bien cette maison parisienne fondée en 1831. Ses planches anciennes sont régulièrement rééditées et vendues dans leur magasin de la rue du Bac, mais aussi dans la boutique du conservatoire de la tomate. Pour décorer une cuisine, je trouve cela plutôt sympa (d'ailleurs, je compte me commander celles sur les champignons et les plantes vénéneuses, c'est toujours utile).



Une exposition d'artistes qui dénoncent les agressions faites aux ar(t)bres

Louis Albert de Broglie, propriétaire et fondateur du conservatoire, semble plutôt investi dans sa démarche écologique. Le côté classieux du château (qui ne se visite pas) avec ses chambres un brin rococos ne m'avait pas laissée croire cela, à tort. L'un n'empêche pas l'autre me direz-vous, seulement je dois dire que le prince jardinier m'a convaincue en proposant au coeur de sa petite forêt une exposition tout en contraste. Des artistes ont en effet investi les arbres du domaine pour apporter des messages forts. Certains m'ont plus marquée que d'autres, comme ce chêne enguirlandé de petits sacs plastiques et coniques remplis d'eau (conditionnée ainsi en Afrique). L'artiste (dont j'ai oublié le nom, je complèterai) a voulu souligner l'importance de ce bien si précieux à notre planète, si rare sur ce continent. Chaque jour sur Terre, 25 000 personnes décèdent de maladies liées à l'eau, dont la moitié sont des enfants. Pendant une bonne heure, j'ai sillonné les chemins boisés de la propriété, l'esprit préoccupé...


    


Et puis, sur l'écriteau placé en face de l'arbre aux gouttes d'eau, j'ai lu ce texte de Pierre Rabhi :

La parabole du colibri
Une légende amérindienne raconte qu'il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul un colibri s'activait et allait chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour éteindre le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires lui dit : "Colibri, n'es-tu pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ?" "Je le sais, lui répond le colibri, mais je fais ma part"''.

Il me semble que les personnes plus hermétiques à l'art contemporain trouveront dans cette exposition originale et vivante des messages qui leur parleront.


Un festival de la tomate le 12 et 13 septembre...

... qui se déroule donc le week-end prochain. Hors festival et dans la boutique, on propose chaque jour à 11 heures une dégustation. Mais lors de cet événement annuel, vous n'y couperez pas, vous pourrez croquer à loisir dans ces tomates exceptionnelles que l'on retrouvera sur de nombreux stands. Ah, j'oubliais, un cinquième et dernier argument, les caves de Montlouis sur Loire ! En repartant, j'ai fait une petite dégustation qui s'est terminée par un chargement de caisses de vins secs, demi-secs, moelleux et pétillants dans le coffre de la voiture. Je suis repartie de Montlouis ravie, et qu'en sera-t-il de vous ?


    


Le conservatoire de la tomate et le château de la Bourdaisière
37270 Montlouis sur Loire, entre Tours et Amboise
Entrée : 7 € (gratuit jusqu'à 10 ans), parking gratuit, ouvert de 10h à 19h.
Renseignements : 02 47 45 16 31