Quelque part dans le Berry, un coin est tenu secret par une amie (elle se reconnaîtra). Elle m'a appelé pour me dire que les jonquilles étaient sorties de terre. "J'ai trop pensé à toi en retournant là-bas. Tu veux savoir où il se situe ? Je pense que tu peux prendre de belles photos." Comme pour les champignons, on ne transmet ce genre de lieux qu'aux personnes de confiance.



Avec mes parents et ma fille, nous avons été éblouis par cette mer de jonquilles qui ondulaient timidement sous le souffle du vent. Il était 17h30. Face à nous, le soleil rejoignait l'horizon. Ses rayons perçaient les pétales des fleurs, laissant entrevoir leur transparence nacrée. La luxuriance d'une nature en pleine renaissance.


Le lendemain, je suis retournée dans mon coin à violettes. Elles étaient là, invisibles pour celui qui ne prendrait pas le temps de s'arrêter. J'ai alors scruté le long des fossés, aux abords du petit bois encerclé de champs labourés. Le vent s'est levé et j'ai alors senti le parfum singulier de ces fleurs exquises.

 


L'arrivée du printemps met un terme à mon rituel matinal, le nourrissage des oiseaux. Cet hiver, Georges le rouge-gorge m'a encore comblée de bonheur. Même si secrètement, j'ai espéré comme une enfant pouvoir le tenir dans le creux de mes mains, il m'a fait de beaux cadeaux. Son attente sur les branches du lilas, ses sautillements hésitants sur le perron rempli de graines, son sifflement enjoué, nos rapprochements. Début octobre, il s'enfuyait à 10 mètres de moi, mi-mars, il tolérait ma présence à 1 mètre. Désormais, il trouve des vers et des insectes à loisir dans le jardin, ce qui n'est pas du goût de Gaïa qui s'empressait toujours de rafler les quelques graines restant au sol. Pour les chiens également, le printemps est une aubaine. Les journées pluvieuses et froides sont presque révolues, ils peuvent enfin lézarder au soleil.

  


Vous voyez bien que la Nature a le pouvoir d'égayer nos coeurs. Au regard de ces photos, on pourrait croire qu'elle ne connaît pas la crise. Malheureusement, aucune terre n'est épargnée par la pollution et les nuisances causées par l'homme. Profiter de ces paysages, de ces instants magiques est une chance qui pourrait un jour disparaître. C'est un capital-vie qui a bien plus de valeur que le capital financier de notre société. Notre vraie richesse est là, sous nos yeux.