Les feuilles des arbres ont besoin de capter la lumière du soleil pour enclencher le mécanisme de photosynthèse. Cette combinaison chimique génère des matières organiques nourrissantes et libère par la même occasion de l'oxygène. La photosynthèse ne peut se faire sans l'intervention de la chlorophylle contenue dans les végétaux. En automne, lorsque les températures et la durée des journées baissent, c'est une réaction en chaîne : l'action de la chlorophylle diminue en même temps que l'énergie solaire. Ce pigment vert se dégrade alors peu à peu et laisse entrevoir d'autres pigments sous-jacents comme la carotène et les anthocyanines. C'est la raison pour laquelle les feuilles se teintent - ou plutôt se décolorent - en jaune, en rouge et en marron. Si elles ne tombaient pas, elles affaibliraient l'arbre en consommant le peu d'énergie qu'il arrive à produire. Elles vont ensuite peu à peu se décomposer au sol et se transformer en humus, en terre fertile. S'éteindre dans un feu d'artifices de couleur, s'endormir paisiblement pour renaître de ses cendres comme l'oiseau Phénix, tel est le cycle de vie du monde dans lequel nous vivons.




Sur la photo de gauche, seuls mon jean et mes chaussures indiquent que nous sommes au XXIème siècle. Comment ce frêne jaune flamboyant est-il arrivé dans cette plaine ? Etait-ce une graine transportée par le vent ou un homme qui un jour enterra ce jeune plant devenu grand ?




Chaque année en automne, la représentation du spectacle féerique des fils de la Vierge se déroule sur une vaste piste d'herbes hautes. Pour avoir la meilleure place, il faut se mettre face au soleil et s'incliner en direction de la ligne d'horizon. Ces fils argentés sont produits par de minuscules araignées, les érigones. Elles émettent une petite perle de soie liquide qui s'étire sous l'impulsion de la brise. Ces trapézistes vagabondes se laissent ensuite porter sur de grandes distances. Au milieu de cette mer de satin fluide et translucide, on distingue parfois des bobines de fil formées par des fleurs.




Cette semaine, j'ai remarqué qu'un petit intrus grignotait les pommes et les bananes dans la cuisine. J'ai souvent essayé de le surprendre mais il partait à la vitesse d'un éclair pour se cacher derrière le buffet. Et pas question de l'empoisonner, ce n'est pas le genre de la maison. J'ai alors placé un trognon de pomme dans une cage "attrape-souris", en espérant piéger le voleur. Le lendemain matin, surprise, j'ai trouvé un lérot bien agité. Pris la main dans le sac !




Contrairement au loir avec qui on le confond souvent, il n'a pas de queue panachée et se reconnaît grâce à sa tête de bandit masqué. Il entre souvent dans les habitations en automne, pour faire le plein de nourriture avant d'hiberner. Je n'ai pas voulu le relâcher trop loin de la maison, de peur qu'il se fasse attraper par un chat. Après mûre réfléxion, nous l'avons laissé dans notre garage en mettant à sa disposition une belle pomme et une poignée de noix. Quelques jours après, les provisions ont toutes été mangées. De temps en temps, les enfants l'appellent : "Lérot, petit lérot, tu fais dodo ?". J'imagine qu'il se cache sous un tas de cartons ou peut-être a-t-il quitté le garage. Ce rongeur fait partie des espèces protégées, alors ne cédez pas à la tentation d'utiliser de la mort-aux-rats. En le capturant avec un piège, vous aurez peut-être comme nous la chance d'admirer sa petite bouille adorable.