Dès mon plus jeune âge, j'ai passé la majeure partie de mes vacances à la montagne. Mes parents, qui détestent la foule et l'ambiance camping, organisaient chaque année des séjours en Auvergne ou dans les Alpes. Ils louaient un petit gîte, souvent dans un corps de ferme, et notre quotidien était rythmé par la préparation des repas, les randonnées et les visites des curiosités locales. C'est une optique de vacances qui ne les a jamais quitté. A l'adolescence, je regrettais de ne pas partir dans le sud de la France. Je voulais camper, rencontrer des jeunes pour discuter avec eux sur la plage, faire la fête et me coucher tard en buvant des bières. Je n'ai pas connu cela et avec le recul, je ne regrette rien, au contraire. Ils m'ont offert tellement de cartes postales, d'odeurs et de souvenirs désormais ancrés à jamais dans ma mémoire. Assister à la naissance d'un veau et le voir têter sa mère, parvenir à carresser des chats sauvages qui dormaient dans l'étable, escalader des rochers et se sentir si petite face aux montagnes... J'aime le Berry, c'est là que je suis née, mais l'Auvergne fait également partie de mes racines. Peut-être que je vois à travers elle le visage de mon grand-père maternel qui est né là-bas. Je me plais à croire que j'ai marché sur les mêmes sentiers que lui quand il était petit. Un jour j'espère, je m'achèterai un buron au sommet d'une colline, ma petite maison dans la prairie en quelque sorte ...











































Au coeur d'un écrin formé par les massifs du Puy Mary et du Puy Griou, la vallée de Mandailles possède un capital nature inestimable. Au détour d'un col, on s'étonne de découvrir des vallées immenses dans lesquelles se nichent des petits villages. Le regard s'attarde sur la grandeur des paysages et les détails pittoresques, comme ce chat ayant élu domicile sur l'unique pompe à essence de Saint-Julien de Jordanne. Les bocages s'incrustent dans la roche comme un tapis de verdure déroulé sur ces monts arrondis. C'est si beau, si reposant. Au loin, si l'on y prête attention, on aperçoit des petites tâches bordeaux, ce sont les Salers qui paissent tranquillement l'herbe verte. On découvre parfois un château fort en ruines, "Comment ces hommes ont-ils pu acheminer des pierres à une telle hauteur ?", une cascade, "Je plongerais bien mes mains dedans", un champs de fleurs sauvages à perte de vue, "J'aimerais bien y faire un nid douillet pour me reposer", un rapace planant au-dessus des collines "Moi aussi j'aimerais voler..."


La flore est particulièrement riche, et à chaque saison, elle offre des variations de couleurs étonnantes. En mai dernier Marion et moi avons découvert une multitude d'orchidées sauvages, un champ de linaigrettes qui ondulaient en harmonie avec le vent, des narcisses et des raiponces en épi à perte de vue. Serge, une figure locale passionnée de botanique, avait eu la gentillesse de nous montrer sa montagne, celle qu'il aime depuis toujours. Comme le précise Marion dans son article dédié aux plantes sauvages auvergnates, cet enfant du pays est le témoin impuissant des ravages des pesticides sur la flore locale. Malgré ce triste constat, la nature prend le dessus, implacable et insolente, mais combien de temps pourra-t-elle se battre ? L'homme utilise des armes chimiques qui se retourneront contre lui, un jour ou l'autre.

Si les fleurs égayent les paysages verdoyants, la pierre et la roche ajoutent un charme de caractère à cette région rurale. Les toits des maisons typiques sont composés de tuiles d'ardoise ou de lauze de schiste (parfois même de lave). Vous pouvez découvrir ces dalles massives gris argenté ressemblant à des écailles dans les villages de la vallée de la Jordanne.


A Saint-Cirgues de Jordanne, il existe un havre de paix suspendu en haut d'une colline. Vous l'aurez peut-être reconnu, c'est la ferme-auberge de Puech Verny où nous nous étions déjà rendues Marion, Ninnie et moi. Vous savez, il existe des lieux où vous vous sentez comme à la maison. C'est le cas de l'établissement tenu par Huguette et sa mère, le cordon-bleu en chef. L'accueil chaleureux de ces auvergnates ne s'est jamais fait démentir. Je sais que si un jour, je dois partir d'un coup de tête pour me recueillir ou regonfler mon moral, c'est là-bas que j'irai. Les repas gargantuesques, composés de chou farci, de saucisses et de truffade ont comblé nos appétits et encore, nous en avons laissé dans nos assiettes. Agrée par l'association Bienvenue à la ferme, l'auberge est un lieu idéal pour faire du camping. Avec seulement 5 emplacements, on établit son lit de camp sans s'inquiéter du bruit des voisins. Au village de Saint-Cirgues, Alain - son conjoint - vend des produits du terroir, pour la plupart issus des fermes alentours. Loutre-Mer est une jolie boutique où vous dénicherez sans nul doute des trésors gourmands, comme ce confit de lentilles blondes ou ce cidre rosé qu'il m'a gentiment offert. Les auvergnats ont du coeur et pour vous en rendre compte, un seul conseil, rendez-vous chez Huguette !

Auberge de Puech Verny
15590 Saint-Cirgues de Jordanne
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