A la campagne, c'est souvent du quitte ou double. Il m'est arrivé de rencontrer des personnages peu avenants, râlant et pestant après la bonne femme, la rouquine avec son appareil photo. Un pied dans le champ et c'est l'orgueil territorial du paysan qui en prend un coup. Et puis, il y a ceux flattés de voir que l'on s'intéresse à leurs cultures et qui ont du coeur à vous montrer leur métier, en toute simplicité. C'est le cas de ce jeune agriculteur qui m'a vu escalader la petite échelle de la moissonneuse-batteuse. "Vous n'avez pas chaud dans vos bottes ?!" "Un peu, mais c'est pratique !" Perchée sur cette machine avalant les épis de blé, j'étais comme une gamine dans son premier manège.


    


Il me semble qu'il y avait la climatisation dans la cabine, car la chaleur était tout à fait supportable. Seulement, une fois dehors, sur la courte passerelle, le "cagnard" (comprenez canicule) imposait sa loi, et c'était sans compter sur les poussières d'orge qui formaient un manteau nuageux étouffant. Malgré cela, l'expérience fut vraiment sympathique, atypique, même pour une habitante de la campagne comme moi.


    


Après chaque passage, la moissonneuse déversait l'orge doré dans le container de ce tracteur, acheminé par d'autres agriculteurs. Je n'ai pas pu m'empêcher de plonger la main dedans.




Les formes géométriques dessinées par la machine m'ont toujours plu, depuis enfant. Le contraste entre la couleur de la paille et du ciel était remarquable de beauté. Un spectacle dont je ne me lasse pas. J'espère que ces images vous auront évadé quelques instants. Les agriculteurs, les bons, avec une éthique, nourrissent le peuple et en cela ils méritent qu'on les soutienne dans le difficile combat qu'ils mènent au quotidien. Réglementations et directives européennes peu flexibles, lobbying de puissants groupes commerciaux, menaces de firmes semencières, ils connaissent bien des déconvenues. Les déreglementations climatiques fragilisent leurs cultures et je ne les estime pas responsables de la hausse des prix. Peut-être que ce monde à la fois si paisible et actif vous donnera envie de mieux le connaître et qui sait, de rencontrer l'âme soeur?!




Assoiffée après cette escapade, j'ai sorti de la cave ma première bouteille de pétillant de sureau que j'avais réalisé il y a un mois. Le recette vous sera donnée l'année prochaine car je voulais goûter ce délicieux nectar floral avant de la diffuser. La saison des fleurs de sureau étant terminée, il faudra être patient. Réalisée grâce à la fermentation naturelle du sureau au contact de l'eau, du sucre, du citron et du soleil, cette limonade est très rafraîchissante avec ses fines bulles au goût de litchi. D'après une idée de Marion, j'ai ajouté pour tester un cube de pulple de fraises glaçées. Les fruits mixés avec du sucre ont simplement été versés dans un bac à glaçons. J'ai trouvé le concept intéressant pour agrémenter les cocktails, libre à vous de varier les parfums et les formes. L'été sera sec paraît-il, alors ne nous déshydratons pas et buvons à la santé des agriculteurs !