Le lapin, une viande typique de la campagne, celle qui rappelle mon enfance

terrine de lapin en geléePetite, je m'occupais des lapins de ma nourrice qui les élevait pour la consommation du foyer. J'étais fascinée par leur museau frétillant et par le bruit sourd de leurs mouvements apeurés dans le clapier. Pour vous donner une référence, chez elle, c'était un peu comme chez Marcelle, alias Anémone dans le film le Grand chemin. Elle parlait fort, portait souvent une blouse avec des losanges marrons et jaunes, et des mules qui faisait clap-clap. Son mari m'impressionnait autant de Pelo, d'ailleurs merveilleusement bien joué par Bohringer. Je ramassais avec ses enfants les petits pois et les haricots verts, on se disait en criant : "On va à la balançoire ?!!" et on faisait des bouquets avec les dahlias plantés le long du potager. Je n'étais pas aussi chipie que la petite Martine, mais il m'arrivait de me cacher derrière les framboisiers pour observer la mise à mort des lapinous. Elle les attrapait par la peau du cou avec douceur, leur disait quelques mots et achevait son travail en silence, rapidement. Je trouvais cela cruel mais je recevais au quotidien tellement de tendresse de ma nourrice que jamais je lui en ai tenu rigueur. Je dévorais ses plats de lapin en sauce et de mémoire, jamais je ne suis tombée sur un os.


Une viande maigre et nutritive


Peu calorique grâce à son faible taux de lipides (entre 3 et 9 g pour 100 g de viande), le lapin est une excellente source de protéines, de vitamines B, E, PP et d'oligo-éléments. Cet animal ne supporte pas l'élevage intensif. Prudent d'instinct, le lapin stresse en effet très facilement, car dans son environnement naturel, il a déjà beaucoup de prédateurs. La mise en place d'un élevage industriel (bruits, agitation, contact avec trop d'individus) augmente le nombre de maladies, et par conséquent le taux de mortalité. A titre d'exemple, une frayeur peut parfois entraîner l'abandon d'une portée entière par la mère lapine. Sensible aux variations de température, à l'humidité ambiante du clapier, aux gaz générés par sa respiration et ses déjections, le lapin est un animal fragile qu'il convient de chouchouter. C'est la raison pour laquelle, les spécialistes de l'alimentation estime qu'il serait bien moins "trafiqué" que les autres viandes.


Les ingrédients indispensables à la réalisation de cette terrine

L'intérêt gustatif de cette terrine, c'est de pouvoir manger de beaux morceaux de lapin, sans devoir trier les petits bouts d'os et honnêtement, c'est assez pratique pour les enfants. Il est important d'ajouter à la préparation beaucoup d'herbes pour lui donner du caractère. Je me suis naturellement orientée vers l'herbe à l'ail qui commence à pousser dans mon jardin. J'ai également trouvé de la ciboulette sauvage mais la tondeuse étant passée entre temps dessus, je n'ai pas pu prendre de photos. Vous pouvez remplacer ces plantes sauvages par de la ciboulette ou de la ciboule cultivée, du cerfeuil, du persil plat... Les échalotes permettent de donner du piquant et de la fraîcheur et le vrai conseil de dégustation serait de vous inviter à déguster cette charcuterie maigre avec de la moutarde à l'ancienne. J'ai définitivement abandonné la gélatine pour cuisiner exclusivement l'agar-agar qui donne de très bons résultats. Cette base de recette convient également au boeuf, au jambon et s'adapte tout à fait aux pique-niques printaniers.


Ingrédients pour une belle terrine ou deux petits bocaux
4 belles cuisses de lapin soit au total 900 g - 1 bouteille de cidre brut - 1 branche de thym - 1 feuille de laurier - 1 oignon - 1 carotte - 3 gousses d'ail - 20 g de beurre - 2 g d'agar-agar - 1 botte de ciboulette - une bonne poignée d'herbe à l'ail - 3 échalotes - 1 cuillère à café de sel - 1 cuillère à café de poivre
Temps de préparation : 45 minutes
Niveau : facile
Coût : économique

1. Épluchez l'oignon, la carotte, l'ail et coupez-les en rondelles.

2. Dans une cocotte, faîtes fondre le beurre, ajoutez le lapin, le thym, le laurier, l'oignon, la carotte, l'ail. Salez, poivrez et faîtes dorer à feu vif de chaque côté pendant 10 minutes.

3. Déglaçez en versant le cidre et lorsque l'ébullition reprend, faîtes mijoter à feu très doux et à couvert pendant 1h30 en retournant le lapin de temps en temps.

4. Retirez les morceaux de lapin et laissez-les refroidir sur une planche à découper. Pendant ce temps, passez la sauce au tamis fin une première fois, puis une deuxième fois en disposant une feuille de papier absorbant pour que le jus s'écoule lentement.

5. Passez rapidement sous l'eau froide la ciboulette et l'herbe à l'ail, laissez sécher sur du papier absorbant. Épluchez les échalotes et émincez-les finement ainsi que les herbes fraîches, réservez.

6. Lorsque le lapin a refroidi, prélevez délicatement la chair en laissant le plus possible des morceaux entiers. Disposez-les dans un grand saladier, ajoutez les herbes ainsi que l'échalote et mélangez à l'aide d'une fourchette (car à la main, trop d'herbes resteront collées aux doigts).

7. Mesurez le jus de cidre au lapin de façon à obtenir 500 ml. S'il vous manque un peu de liquide, ajoutez un peu d'eau. Goûtez et resalez si nécessaire. Versez ce jus dans une casserole avec l'agar-agar, fouettez et portez doucement à ébullition (comptez 30 secondes dès les premiers bouillons).

8. Disposez les morceaux de lapin dans une terrine ou deux petits bocaux en appuyant bien. Versez la gelée de cidre encore chaude dessus, tapez légèrement pour éviter la formation de bulles. Laissez refroidir dans un placard avant de placer la terrine au réfrigérateur.

N.B. : cette terrine de lapin en gelée se déguste comme un pâté, sur du pain de campagne, avec des cornichons, ou mieux en tartinant les tranches de moutarde à l'ancienne.


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