En début d'année, je vous expliquais que le froid est nécessaire pour l'équilibre de l'éco-système dans lequel nous vivons. Il tue la vermine et promet un meilleur printemps et de belles récoltes. Vous y retrouverez des conseils sur la façon de nourrir les oiseaux. Vous verrez qu'avec le temps, vous vous attacherez à eux et qu'ils seront reconnaissants de ce geste quotidien. Vos aurez la joie de les surprendre vous attendre, de les prendre pourquoi pas en photo ou de les admirer picorer méticuleusement.



En haut à gauche, voici un pinson des arbres que l'on reconnaît facilement avec ses plumes inférieures roses orangées. Menacé dans les années 50 à cause de l'usage intensif des pesticides et herbicides, il ne serait plus en danger mais l'homme reste encore son pire ennemi, enfin pas tous... A droite un moineau domestique, une femelle que l'on reconnait par ses plumes grises et roux clair.



Les anciens abonnés à ma newsletter se souviendront peut-être du clin d'oeil que j'avais fait au petit rouge-gorge qui me suivait au printemps. Lorsque je préparais mon potager, il guettait mes allers et venues, à la quête de vers de terre fraîchement sortis des mottes de terre retournées. Comme je l'expliquais, cet oiseau est très territorial et s'il se plait dans un jardin, il y restera longtemps. Dès les premières gelées, j'ai revu mon petit rouge-gorge sur le rebord de la fenêtre de cuisine. Je spécule peut-être mais je me plais à croire qu'il reconnaît ma voix et mes sifflements. Plus les jours passent, plus il s'approche de moi. Désormais je peux l'admirer d'à peine un mètre. On se fixe longtemps du regard, je lui susurre des mots doux et il me répond timidement. On n'est pas de la même espèce et pourtant, on communique ensemble.

Il y a deux jours, je n'avais pas bien fermé la porte de cuisine et soudainement je le vis posé sur la cruche en émail bleu turquoise, immobile. J'ai tout de suite pensé aux chiens qui n'ont pas perdu une minute pour arriver dare-dare. Panique totale ! Il a enfin pu ressortir après quelques envolées agitées, ouf. Le lendemain matin, je me suis demandée s'il m'en tiendrait rigueur, si je parviendrais à le reconquérir en quelques sortes. Et oui, il m'attendait encore sur la branche givrée du lilas. Avait-il oublié l'aventure de la veille ou était-ce la faim qui le portait vers moi ? Je reste avec mes suppositions mais qu'importe, il est toujours là, près de moi.



Il y a aussi ces petites mésanges bleues de moins en moins effrayées par ma présence. Ces oiseaux sont très utiles dans un jardin puisqu'ils consomment les oeufs et les larves d'insectes nichés dans les arbres. Ils se pendent la tête à l'envers et débarassent ainsi la végétation des insectes parasites.


Entre la beauté de ces paysages givrés et la pénible existence des moineaux en hiver, j'y trouve à la fois un paradoxe mais aussi l'essence même de la Nature. Rien n'est acquis sur cette planète, pas même nos conditions de vie moderne qui peuvent à tout moment être déstabilisées. Peut-être avez-vous eu connaissance de la tempête de verglas au Canada en 1998 ? De nos jours, il n'est pas nécessaire de rencontrer ce type de phénomène extrême pour souffrir, pire, mourrir de froid. Fêtons Noël, mais gardons aussi en tête que certaines personnes tentent chaque jour de subsister en hiver. Sans entrer dans des considérations religieuses, rappelons-nous que cette fête est aussi synomyme de partage, d'entre-aide et de générosité.