La maison de famille se situe non loin de la plage de Kerel, dans le sud de l'île, à côté de Bangor. Chaque jour, en allant promener les chiens, nous pouvions admirer l'eau bleue lagon que l'on peut aperçevoir sur la photo ci-dessous. C'est une plage a fort coefficient de marée qui permet de pratiquer des activités de petite pêche avec les enfants. On y trouve des crevettes grises, des étrilles, des huitres rondes, des moules, des tellines et forcément des vives, ce poisson dont les épines venimeuses parviennent à coucher n'importe quel gaillard du type Patrick tellement la douleur est vive et intense. J'ai souhaité en parler car beaucoup de personnes autour de moi se sont déjà fait piquer et que trop souvent, sur la petite plage de Kerel, on peut voir des enfants courir et jouer pieds nus dans des trous d'eau. La meilleure technique de prévention reste les sandales en caoutchouc ou les bottes !




Kerel est également une mine d'or pour les apprentis botanistes qui apprécient la cuisine sauvage. C'est d'ailleurs là-bas que j'ai participé à un stage organisé par la Maison de la Nature de Belle-Île en mer. Cette association a pour objectif de développer la connaissance du patrimoine environnemental de l’île, et de participer à sa protection, sa gestion et sa mise en valeur. Elle propose ainsi différentes visites et journées à thème animées par des personnes passionnées. Je me permets de faire un petit clin d'oeil à Emilie et Maxime pour saluer leur disponibilité et leur intérêt certain pour la nature. Je me suis soudainement retrouvée moins seule dans la pratique culinaire des plantes sauvages comestibles. Du bout des dents, nous avons dégusté des fleurs d'onagre (voir photo ci-dessus), de la criste-marine, de la roquette, de la bette maritime, du plantain, du fenouil sauvage... Une journée qui s'est ensuite finalisée sur la fabrication d'instruments de musique à partir de végétaux. A mon retour à la maison, les enfants m'ont piqué ma flûte de pan à base de tiges de renouée des oiseaux. J'ai la technique, je m'en referais un rien que pour moi tiens.



La flore est très riche à Belle-Île et pour celles et ceux qui s'intéressent à elle, sachez que la Maison de la Nature vend un livre très intéressant sur ce sujet. On peut y découvrir les plantes protégées telles que le panicaut maritime que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. J'en profite d'ailleurs pour vous confier une petite anecdote. Le matin de mon départ, je me suis rendue à Kérel pour cueillir de la marjolaine et des immortelles. Un homme, certainement un local ou un touriste habituel, m'a interpellé en me voyant ramasser ces plantes. "Faut pas cueillir les fleurs, c'est interdit !". D'un ton un peu revèche, je l'admets, je lui ai expliqué que je pouvais les prendre car il ne s'agissait pas d'espèces protégées. Un couple faisant du footing ayant suivi la scène m'a ensuite demandé si j'étais biologiste ou botaniste. Leurs commentaires sur la situation m'a permis de comprendre que cet homme manifestait tout simpement de l'intérêt pour la flore. J'avais franchi les dunes pour cueillir quelques brins d'herbes sauvages, il est vrai, mais ma démarche s'inscrivait elle aussi dans une logique de promotion de la nature. Je connaissais les plantes que je prélevais délicatement avec ma paire de ciseaux et marchais sur la pointe des pieds en évitant les bosquets d'immortelles. Prendre des photos, cueillir quelques spécimens autorisés pour un usage culinaire, en parler sur mon blog, tels étaient mes objectifs. La morale de cette histoire, c'est que les pilleurs sont très mal vus à Belle-Île et que même avec de bonnes intentions, les choses peuvent être perçues différemment.




Chaque plage de Belle-Île a ses charmes, ses atouts selon les envies ou les activités que l'on souhaite pratiquer. Ramasser des galets et des coquillages à Ster Vras ou aux Poulains, faire de la planche à voile aux Grands Sables, pêcher à Kerel, bronzer tranquiller pendant que les enfants jouent dans le sable à Baluden ou courir après les vagues à Donnant. Ce ne sont là que les plages les plus connues mais d'autres plus petites ou difficilement accessibles permettent de varier les plaisirs, de se trouver plus tranquille en famille. Pour ma part, Donnant était la plage préférée des enfants. Infatiguables... Des allers-retours incessants au rythme des vagues, des cris de joie, l'écume de la mer qui touche le bout des pieds, des châteaux de sable géants que l'on construit pour barrer la marée montante, des petites mains panées qui apprennent à manger une pêche sans qu'elle croustille sous la dent, le vent qui caresse et apaise la peau sous le soleil.




J'aime ces moments-là car je les rattache forcément aux enfants. Mais ce qui me gêne toujours, c'est le monde, le brouhaha constant, la promiscuité avec les autres, les rangées de sardines à l'huile... Alors j'ai voulu voir la plage de Donnant déserte. Cette envie était si présente que même en vacances, je me suis levée tôt. Un exploit pour le crabe dormeur que je suis. Une fois le chemin franchi, je sentis le sable dur et froid sous mes pieds, il n'était pas glissant et brûlant comme les après-midis ensoleillés. Un ciel bleu, une brise légère, le bruit des vagues, seule sur cette plage à me promener, le bonheur simple, à l'état brut.




Enfin, pas vraiment seule. Des mouettes volaient autour des rochers. Quelques minutes avant, elles s'étaient dégourdies les pattes sur la plage, apposant leurs empreintes en forme d'ancre de mer. De minuscules escargots accrochés aux cakilliers maritimes et aux immortelles offraient un ballet nonchalant mais tellement poétique à mes yeux. Chaque détail prend de l'importance, une dimension presque universelle se profile, on est dans sa bulle, on se sent bien. Lors de ces instants de contemplation, on oublierait presque que l'île est habitée. Elle nous appartient alors et on l'embrasse à bras ouverts, à sa façon. Certains la dessinent, d'autres la protègent, moi je la prends en photo pour qu'elle vive en moi même les matins d'hiver. Belle-Île, pour toujours...



Quelques adresses

Pour trouver des produits bios, du thé, des épices : Aux goûts du monde : 45 rue Joseph Le Brix, le Palais, 02 97 31 32 53

Pour déguster de délicieux crustacés et plats de poissons : Restaurant Café de la Cale, Quai Guerveur, Sauzon, 02 97 31 65 74

Pour se remplir le ventre de crêpes ! Chez Renée : 21 rue Sarah Bernhar, Bangor, 02 97 31 52 87

Pour faire le plein de sardines : Conserverie la Belle-Îloise, 6 place de la République, le Palais, 02 97 31 29 14

Pour découvrir l'île à cheval : Les chevaliers de Bangor, Bangor, Juillet-août 02 97 31 52 28, autres mois 02 97 40 00 06