1. Cet oiseau a-t-il vraiment besoin d’aide ? Il faut faire très attention aux juvéniles qui sembleraient abandonnés. Au printemps et en été, ils sont souvent au sol, juste après leur premier envol en dehors du nid. Ils restent ainsi à terre pour s’entraîner à s’envoler et sont encore nourris par les parents qui savent où il se situe. S’il n’est pas blessé, laissez-le et assurez-vous que les chiens ou les chats ne rôdent pas dans les parages.

2. Si l’oiseau est blessé, prenez-le avec prudence, surtout s’il s’agit d’un rapace et munissez-vous de gants (les oiseaux peuvent être porteurs de maladies). Dans ce cas, munissez-vous d’une grande serviette pour ne pas vous blesser. Disposez-le ensuite dans un carton que vous aurez pris soin de perforer pour qu’il puisse respirer. Adaptez la taille du carton à celle de l’oiseau afin de ne pas le ballotter.

3. Appelez une association de protection des oiseaux. Ils vous inviteront à faire parvenir l’oiseau et s’en occuperont parfaitement.

4. En attendant, placez-le au chaud, dans une pièce sombre afin qu’il puisse se calmer.

5. Ne le nourrissez pas. La tradition du bébé oiseau nourri à la pipette et au jaune d’œuf est une erreur. Chaque espère comporte son régime alimentaire spécifique. Ne donnez jamais de pain humide ou de l'eau sucrée.

6. Ne lui donnez pas à boire, surtout s’il s’agit d’un rapace, ses poumons se rempliraient d’eau.

7. N'administrez jamais vous-même des médicaments. Certains produits qui sont utilisés régulièrement pour les humains peuvent être toxiques pour les oiseaux.



8. Ne cherchez pas à redresser une aile cassée, vous pourriez empirer la blessure.

9. Ne l’exhibez pas à tous vos voisins. L’oiseau risquerait de paniquer et son état pourrait s’aggraver.

10. Ne le prenez pas en photo, à moins d’avoir un appareil sans flash et permettant une prise à distance.




J’ai tout de suite vu qu’il s’agissait d’un jeune merle. A force d’observer les oiseaux et de m’y intéresser, je l’ai reconnu sans problème. Cependant, afin de m’assurer à 100% qu’il s’agissait bien de cet oiseau, j‘ai fait des recherches pendant qu‘il se blottissait dans son nid de fortune. Le juvénile a les plumes chamoisées et tachetées de couleur chocolat, le bout de son bec est brun et les commissures jaunes clairs, ses pattes très longues et brunes. Si vous regardez sur la photo ci-dessus, il ressemble plus à la femelle (marron clair) qu'au mâle (noir). Vers ses un an, si c’est un mâle, son bec deviendra bien jaune et son plumage s'assombrira.

Il était franchement mal en point et restait les yeux fermés. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir non ? J’ai alors couru jusqu’au potager, retourné une grosse motte de terre avec ma fourche-bêche et récupéré quelques petits vers de terre. J’ai posé le petit merle dans un carton rempli de papier absorbant que j’ai suspendu pour qu'un chat ne l’attrape pas. Je précise que Gaïa était enfermée à la maison car je ne voulais pas qu’il la sente. Il était déjà bien moins effrayé, il ouvrait de nouveau les yeux et ne tremblait plus. En m’approchant près de lui avec le ver de terre, il ouvrit immédiatement son bec. Nous étions aux anges, complètement subjugués par ce petit être qui ne demandait qu’à survivre. Je lui ai donné deux autres vers et me suis arrêtée là car je ne voulais pas trop le gaver. Si je me suis permise de le nourrir, c’est parce que j’étais certaine qu’il s’agissait d’un merle (insectivore, granivore, fructivore).




Au bout d’un quart d’heure, je le voyais sautiller, pousser de nouveau des cris, faire des essais de battements d’ailes. J’ai trouvé incroyable qu’il reprenne des forces aussi vite. Nous sommes ensuite repartis à la maison et après le repas, quel mystère, le merle n’y était plus. De toute évidence, il avait pris son envol. Il s’était certainement caché dans les herbes hautes en attendant le retour de ses parents. Je me suis alors mise à distance et j’ai patienté. Au bout d’un quart d'heure, j’ai aperçu les parents qui faisaient des allers-retours non loin de l’endroit où j’avais mis le carton. Je ne sais pas ce qu’est devenu le petit Merlin - nous l’avions appelé ainsi-, mais une chose est sûre, il nous a enchanté le temps d’une soirée de printemps… Si vous voulez encore une belle histoire d'oiseaux, je vous la raconterai dans la newsletter de mai.