Il y a deux semaines, je m'inquiétais de voir mon lilas bourgeonner. Pire, il commençait à se gorger de sève. A supposer que le temps clément de janvier aurait continué, les bourgeons des arbres auraient été exposés aux gelées de février et mars, avec pour résultat aucune feuille au printemps, aucun fruit en été. Ce phénomène a déjà été observé il y a quelques années, je ne pense pas être alarmiste mais réaliste. Un dicton populaire le dit d'ailleurs très bien : "Un mois de janvier sans gelée n'amène jamais une bonne année". Le froid permet par ailleurs de tuer la vermine et contrairement à ce que l'on pourrait penser, il renforce nos défenses immunitaires. Ce sont les changements de climat qui amènent les maladies. Lorsque je me suis levée le matin, la neige tombait en pluie verglaçante sur les fenêtres. Les chiens avaient hâte de sortir, surtout Gaïa, notre petite dernière qui n'a jamais connu la neige. Elle courait auprès d'improbables fantômes enneigés, fourrait son nez sous ce blanc manteau duveteux, faisait des dérapages sur la terrasse gelée. Un spectacle à elle toute seule ! Cheun, notre labrador noir, la suivait de manière pataude dans ses cascades et pirouettes.


 


Chaque année, je donne à manger aux oiseaux. Je les vois sautiller sur la terrasse de façon hasardeuse, en attente de quelques graines. J'attendais que le sol soit gelé pour leur en donner justement. Il est déconseillé de les nourrir lorsque le temps est clément, même en hiver, car cela ne les endurcit pas. Toutefois dès que le sol est gelé, ils ne peuvent plus trouver de petits vers de terre ou d'insectes. On pourrait craindre qu'ils meurent de froid mais c'est assez rare. Ils décèdent presque à chaque de fois de faim ou de soif. C'est la raison pour laquelle je mets à côté des graines et des morceaux de brioches, une petite assiette creuse remplie d'eau tempérée pour les hydrater et les réchauffer. Lorsque l'on commence à nourrir les oiseaux, il faut le faire jusqu'à la fin des gelées. Vous verrez qu'ils prennent l'habitude de leurs repas quotidiens. Le matin lorsque j'ouvre la porte pour les chiens, ils sont dans les buissons, ils m'attendent, je le sais. Je fredonne alors le petit sifflement habituel, celui que mon grand-père maternel faisait. Je le revois avec tous ces moineaux et pigeons qui volaient autour de lui. Certains même picoraient dans ses mains. Au départ, les oiseaux sont un peu craintifs, c'est dans leur nature. Avec le temps, ils s'habituent à vous et vous pouvez les approcher de plus près. Il faut adopter une attitude normale et ne pas marcher à pas feutrés comme les chats. Ils nous connaissent, nous observent et nous entendent dans notre quotidien, et ne comprendraient pas ce changement d'attitude.


  


Sur ces photos ci-dessus, vous pouvez observer de gauche à droite et de bas en haut, des moineaux domestiques, un craintif rouge-gorge posé sur mon lilas, un merle et sa femelle avec son plumage plus clair. Si vous avez un jardin, même petit, prenez le temps de regarder et d'écouter les oiseaux qui le peuplent. Ce site très exhaustif permet de les découvrir et de comprendre leur mode de vie. Considérés comme des nuisibles pour certains jardiniers (ils faut en effet protéger les cerisiers !), les oiseaux permettent de lutter contre les insectes parasitant votre potager. Pour ma part, ils embellissent ma campagne en hiver, au printemps, en été. J'entends le bruit de leurs oisillons tout juste sortis de l'oeuf, je les surprends en train de se chamailler, parfois voler à ras des chiens ! Le matin, ce n'est pas le bruit des klaxons que j'entends, c'est leur doux sifflement. J'aime ma campagne, elle me donne un souffle de liberté, elle me réchauffe le coeur les jours de tristesse, elle ne me quitte plus désormais. J'ai fait ce billet pour vous montrer que malgré ses caprices, la nature mérite qu'on l'écoute, la respecte et la sauvegarde. A bon entendeur...

                    


Je dédie ce billet à Mohamed, mon ami du Maroc, passionné d'oiseaux et de nature.