L'arganier en question
La photo que vous voyez ci-dessus montre les fruits jaunes de l'arganier. Lorsqu'on le touche, il est souple comme un kumquat. Le noyau est entouré d'une pulpe jaunâtre qui n'est pas comestible. Véritable emblème du Maroc, l'arganier ne pousse que dans ce pays. Certaines personnes ont tenté de le planter ailleurs, en Orient, en Grèce ou en Espagne, mais le climat et la terre de ces pays ne sont pas du tout adaptés à la croissance de cet arbre. Soit l'arbuste n'a pas pu grandir, soit les feuilles ou les fruits ne ressemblaient pas à ceux que l'on trouve au Maroc. Il faut croire que cet espèce ne se plait que sur la terre des berbères. Nul ne connait l'âge d'un arganier, mais certains estiment qu'il peut vivre jusqu'à 1 000 ans, de quoi faire pâlir nos chênes centenaires ! D'autre part, il ne produit des fruits qu'à ses 25 ans. Pour référence, l'olivier peut le faire dès ses 2 ans.

J'ai pu voir cet arbre à perte de vue dans la vallée du Souss qui entoure la ville d'Agadir, située au sud du Maroc et à l'ouest de l'anti-Atlas. On le trouve sur des zones semi-désertiques où la terre ocre devient poussièreuse dès que l'on fait quelques pas. Pour les chèvres dans les arganiers, ce n'est pas un montage ! Faute de trouver de l'herbe au sol, au fil des années, elles ont cherché la verdure dans cet arbre. Elles sont loin d'être peureuses, bien au contraire, j'ai pu les approcher sans problèmes. Deux petits bergers berbères de 10 ans, bâtons à la main, nous ont accueilli... avec humour. L'un d'eux m'a tendu une amande d'aganier, et chose logique pour moi, je la porte à la bouche ! Quand je les ai vu éclater de rire, j'ai compris la farce : elle n'est pas commestible, seule son huile peut se manger. Après cet épisode bien marrant, j'ai remarqué que les chèvres avaient un bêlement beaucoup plus aigu que celui des chèvres françaises. Mohammed, notre guide, notre ami désormais, m'a dit que c'était normal, que les chèvres du Maroc ne parlaient pas le même langage tout simplement !

J'ai pu d'ailleurs goûter un délicieux tajine à base de chèvre nourrie à l'arganier. Le parfum de cette viande était plus doux que celui de l'agneau, avec un léger goût d'amande : je me suis régalée. C'est Fatima, une paysanne habitant dans un petit village à côté de Tiznit, qui nous a accueilli avec notre guide marocain. Ce concept marche énormément au Maroc : vous apportez votre viande, vous la déposez chez une habitante accueillant des hôtes. Pendant que vous faites la visite des alentours, elle vous concocte un tajine ou un couscous. A votre retour, affamés par une longue marche ensoleillée, vous pouvez alors déguster votre plat fait maison.

    


La fabrication de l'huile d'argan
Grâce à Mohammed, j'ai pu découvrir le petit atelier de fabrication des produits à base d'argan à Tarroudant (siège historique) et prendre quelques photos. Dans le panier (photo à gauche ci-dessous), ce sont les noix ou les coques qui renferment l'amande de l'arganier. J'ai essayé d'en casser une avec une pierre, mais je l'ai écrasée. Prélever les amandes demandent habileté, expérience et savoir-faire. Sur la photo de droite, ce sont les amandes... imaginez les heures de travail passées à casser les noix pour obtenir une telle quantité. Ici, pas question d'utiliser les machines, tout est fait à la main.

   


Les amandes sont ensuite torréfiées. Cette étape est nécessaire pour que l'argan puisse développer pleinement ses saveurs et rendre son huile si savoureuse. A droite, vous pouvez aperçevoir la pâte d'argan obtenue en broyant les amandes. Elle est ensuite filtrée pour obtenir l'huile.

   

Je vous invite toutes et tous à jeter un coup d'oeil sur le site de Diaragan, première entreprise marocaine à avoir commercialisé l'argan. J'ai acheté à Agadir et à Tarroudant quelques produits de beauté que je vous présenterai prochainement. Alors comment cuisiner l'huile d'argan autrement que dans une vinaigrette ? C'est pour très bientôt ! Il s'agit d'un met succulent dont je suis tombée fan durant mon séjour : l'Amlou. Je ne vous en dis pas plus pour l'instant, histoire de vous laisser sur votre faim ! Mais sachez que l'Amlou a été mon coup de coeur culinaire...